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Culture

Rodin, Carnavalet, Picasso : les musées côté habitués

Notre journal · Lecture 5 min

Les visiteurs font la queue au Louvre le samedi à 14 heures. On les comprend, on les plaint, et on a écrit cet article pour que vous ne soyez jamais dans cette file. Un mois à Paris vous fait changer de camp : voici comment on pratique nos musées, en voisins.

Nos trois fidèles, d'abord. Le Carnavalet, à cinq minutes du Joyau : l'histoire de Paris dans deux hôtels particuliers, collections permanentes gratuites, ce qui change tout, car on y entre pour trois salles et on ressort par le jardin, comme on passerait chez un ami. Le Picasso, dans l'hôtel Salé, se garde pour la fin de journée, quand les groupes sont partis et que l'escalier d'honneur retrouve son silence. Et depuis le Havre de Paix, le musée Rodin reste notre secret préféré : l'accès aux jardins seuls coûte quelques euros, et vous avez Le Penseur, Les Bourgeois de Calais et trois hectares de roseraies quasi déserts à l'ouverture.

Les stratégies qui marchent. Les nocturnes, d'abord : Pompidou jusqu'à 21 h tous les soirs, le Louvre le vendredi jusqu'à 21 h 45. Un Louvre du vendredi soir, aile Richelieu, n'a aucun rapport avec un Louvre du samedi après-midi ; c'est le même bâtiment et un autre monde. Le premier dimanche du mois, les musées nationaux sont gratuits : allez-y à l'ouverture, jamais après déjeuner. L'Orangerie en semaine à 9 h, quand les Nymphéas n'appartiennent qu'à une poignée de silencieux.

Mais le vrai luxe du moyen séjour, c'est le droit de revenir. Revoir la même salle deux fois. Rester vingt minutes devant une seule œuvre. Abandonner un musée au bout d'une heure sans culpabilité, puisqu'on reviendra jeudi. C'est comme ça que les Parisiens ont toujours pratiqué leurs musées, en voisins et non en pèlerins, et c'est exactement ce que votre mois vous offre.

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